La Coordination des Fédérations et des Associations Culturelles en Région Ile-de-France regroupe les fédérations régionales ou les sections des associations de la Cofac.

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Dans le cadre de la préparation des Assises Régionales de la Culture Rencontre des Associations Le 3 Novembre 2004 Au Conseil Régional d'Ile de France

Programme
Compte rendu sommaire
Proposition de la COFACRIF pour le Conseil de Développement de la Culture
Un document hitorique: le projet de Mai 68

Programme

8h45 : Accueil des participants
9h : Ouverture par Francis Parny, Vice Président du Conseil Régional

Trois débats en séance plénière
1. La " programmation " culturelle : qui décide des contenus ? Comment les associations et les artistes peuvent-ils s'insérer au sein d'une programmation définie par les élus ? Comment les élus conçoivent-ils les propositions de leurs partenaires, créateurs et associations ?
Animé par Jean Luc Gonneau, Résistance 7ème Art (Territoires et Cinéma), Michel Bourguignon (Ligue de l'Enseignement), Géraldine Biaux, Paris CADECS (Fédération Nationale Léo Lagrange)

2. Les lieux de la culture : comment valoriser les équipements culturels ? Peut-on imaginer un partage des lieux entre amateurs et professionnels ? Quels problèmes posent les cahiers des charges ?
Animé par Daniel Lemaître, Union des fanfares de France, Etienne Gruss, Fédération Sportive et Culturelle de France, Joël Lescronier, Directeur du CAC Georges Brassens à Mantes la Jolie (FFMJC)

3. Le financement des activités culturelles : mécénat industriel de personnes privées, participation des utilisateurs, subventions des Collectivités Territoriales et de l'Etat
Animé par Jean Michel Raingeard, Président des Amis du Palais de Tokyo ( Société d'Amis des Musées), Michel Gauvry (A cœur Joie), Janine Bertrand (Cinés-Clubs Interfilm)

13h : Clôture des travaux

Compte rendu sommaire

Coordination des Fédérations et Associations Culturelles Région Ile-de-France
Colloque du 03 décembre 2004

A l'initiative de la COFACRIF, cent militants des associations culturelles en Ile-de-France se sont réunis le 03 décembre dernier.

Nous avons à cette occasion pu constater le rôle que jouait un grand nombre de ces associations dans la diffusion de la culture en particulier grâce aux équipements dont elles ont la gestion.

En particulier les associations compensent une certaine concentration de l'offre sur Paris et sur la petite couronne. Ce sont souvent les associations dans leur diversité qui " maillent " le territoire partout où les institutions culturelles n'interviennent pas directement.

C'est globalement plus vrai dès que l'on s'éloigne de la capitale, mais, tant dans certains quartiers que dans les villes périphériques, l'action des associations est souvent déterminante.

Les participants au colloque se sont efforcés de répondre aux questions suivantes :

  • 1. La " programmation " culturelle : qui décide des contenus ? Comment les associations et les artistes peuvent-ils s'insérer au sein d'une programmation définie par les élus ? Comment les élus reçoivent-ils les propositions de leurs partenaires, créateurs et associations ?
  • 2. Les lieux de la culture : comment valoriser les équipements culturels ? Peut-on imaginer un partage des lieux entre amateurs et professionnels ?
  • 3. Le financement des activités culturelles : mécénat industriel, mécénat de personnes privées, participation des utilisateurs, subventions des Collectivités Territoriales et de l'Etat.

QUESTIONNEMENT :

  • Comment faire coopérer amateurs et professionnels, comment franchir la frontière entre culturel et socio-culturel ?
  • Comment intégrer la question de la programmation dans la démocratie participative ?
  • Comment organiser une programmation à l'échelle d'un territoire et permettre des actions concertées entre associations et professionnels ?
  • Les Délégations de Service Public et les activités culturelles
  • L'intervention de la Région doit elle se faire prioritairement par thème ( cinéma, musique, théâtre, etc...) ou par nature des intervenants (soutien aux associations, aux compagnies, aux équipements etc...)
  • Quels critères d'évaluation de la qualité des actions et des équipements culturels ?
  • Comment coordonner et développer une action concertée : associations, professionnels, comité d'entreprise
  • Quelles activités des associations relèvent d'un financement pluriannuel ?
  • Quel soutien apporter aux pratiques amateurs, facteur du développement individuel et indispensables à l'expression de la capacité artistique de chaque individu ?

RECOMMANDATIONS :

  • Envisager de concrétiser les résultats des Assises par la signature d'une charte de développement culturel
  • Constituer un Conseil du Développement artistique et culturel en Ile-de-France ( une proposition précise que la CO.F.A.C.R.I.F a fait à cette fin )
  • Réaliser des conventions d'objectifs avec les associations culturelles en Ile-de-France
  • Soutenir la réalisation, par les associations, de formations aux problématiques culturelles tant pour les bénévoles que pour les professionnels
  • Faciliter la mise en place des emplois tremplins par la signature de conventions cadre avec les fédérations d'associations employeurs
  • Etudier les possibilités d'utilisation par les associations des équipements subventionnés par la Région
  • Faciliter l'action des jeunes lycéens qui développent ou souhaitent créer dans leurs établissements des associations culturelles ou des pratiques amateurs

Proposition sur la composition du Conseil de Développement Artistique et Culturel en Ile-de-France

Cette proposition tient compte de notre souci d'éviter que plusieurs structures de la Région travaillent sur un sujet identique sans concertation réelle.

Un Conseil du Développement peut prendre plusieurs formes, mais nous souhaiterions pour notre part qu'il soit le point de rencontre de la Commission Culture du Conseil Régional, de la Commission Culture du CESR et des représentants des publics et des populations ainsi que ceux des professionnels.

Pour faire cette proposition, nous avons également pris en compte le fait que des représentants de ces dernières catégories, syndicalistes, associatifs et professionnels figurent déjà au sein de la Commission Culture du CESR.

Les chiffres que nous proposons ci-dessous sont naturellement indicatifs, ils prennent toutefois pour base les 18 membres titulaires de la Commission Culture de Conseil Régional. Nous arriverions ainsi à :

  • 18 membres de la Commission Culture du Conseil Régional
  • 18 membres de la Commission Culture du CESR ( les organisations représentées dans la Commission disposent de 25 postes, mais plusieurs d'entre elles ont 2 représentants )
  • Quant aux autres représentants, nous acceptons la répartition proposée par l'atelier « Démocratie, transparence, critères » à savoir :

-Collège publics et populations :

  • 1/3 des représentants des syndicats et des associations de chômeur,
  • 1/3 de représentants d'associations et mutuelles de spectateurs,
  • 1/3 de représentants des associations et fédération de l'Education Populaire.
  • Rappelons comme précisé ci-dessus que la composition de ces 3 catégories devra tenir compte de la présence des représentants syndicaux, associatifs et professionnels de la Commission Culture du CESR.

- Collège professionnels de l'art et de la culture :

  • 1/3 de représentants des syndicats de salariés,
  • 1/3 de représentants des syndicats employeurs et des sociétés
  • civiles (ADAMI, SACEM, SACD, SCAM),
  • 1/3 d'artistes indépendants.
  • Pour ce collège, même remarque que pour le précédent.

Un document hitorique: le projet de Mai 68

A une époque où fleurissent les conseils et comités consultatifs, il nous apparait intéressant de reproduire ici le préambule de la Déclaration Commune publiée par les associations et concernant le Conseil National du Développement Culturel. Bien que rédigé en mai 1968, ce document demeure d'une grande actualité.

Propositions pour la création d'un conseil national du développement culturel et de l'éducation permanente et des conseils d'activités auprès des différents ministères et autres grands organismes publics compétents en matière éducative et culturelle - Comité de Coordination des Associations de Jeunesse et d'Education Populaire - FIAP - 3ème version - 5 juillet 1968 - (extrait)

. [...]

1.Dans l'article 2 de leur Déclaration commune du 27 mai 1968 70 Associations d'éducation populaire, de développement culturel et de jeunesse ont réclamé la "création à chaque niveau national, régional et local, d'un organisme spécifique chargé d'examiner obligatoirement et régulièrement, avec les Pouvoirs publics, les questions éducatives et culturelles, de proposer en temps voulu la politique générale et les budgets relatifs à l'éducation populaire et au développement culturel, et de garantir toute possibilité de contestation.

Le présent document est destiné à préciser le contenu de cette revendication.

2. I1 ne sera question, toutefois, dans ce document que de l'organisme spécifique" au niveau national. I1 paraît certes nécessaire que les aspirations et les orientations qui se font jour aux niveaux locaux, départementaux et régionaux puissent contribuer à l'élaboration de la politique nationale du Développement culturel, mais les Associations signataires se réservent de formuler leurs propositions, à ce sujet, dans un document séparé qui sera présenté ultérieurement. De toute faon une liaison institutionnelle devra être établie entre les organismes représentatifs et consultatifs qui seraient créés aux niveaux locaux, départementaux et régionaux et les organismes nationaux dont la création est préconisée dans le présent document.

3. L'idée de la nécessité d'un organisme représentatif ,compétent pour toute l'étendue du développement culturel, c'est-à-dire pour toute la politique culturelle de la nation, n'est pas nouvelle, mais elle est ambitieuse, d'autant plus qu'une telle politique est nécessairement liée à une profonde transformation des structures de la vie économique et sociale.

Elle n'est pas nouvelle car dans beaucoup de milieux on a pris conscience depuis un certain temps de l'absurdité du cloisonnement des compétences réparties au hasard de l'histoire administrative entre des services qui tantôt se tournent le dos, tantôt se disputent les mêmes secteurs d'activité.ou des secteurs intimement liés arbitrairement séparés. Cette situation aboutit au gaspillage des ressources et à la paralysie des initiatives. Elle rend impossible l'élaboration et l'exécution dune politique culturelle globale, voire même de politique sectorielle d'ensemble. Le Développement culturel comprend en effet dans l'esprit des Associations signataires, et sans que cette énumération ne soit limitative, aussi bien l'éducation des enfants que l'éducation des adultes, l'éducation populaire, la formation professionnelle et la promotion sociale, les activités dé loisir, la création et la diffusion culturelle, la formation civique, l'éducation physique et les sports, les échanges internationaux en matière de culture et de jeunesse, l'intégration culturelle des étrangers, etc. etc.

La situation ainsi décrite rend impossible à plus forte raison l'élaboration et l'exécution d'une politique du développement culturel, c'est?à?dire dune politique culturelle planifiée, se fixant des objectifs donnés pour une période déterminée et dotée des moyens humains et matériels adéquats. Elle rend enfin impossible une politique de développement culturel démocratique dont les objectifs seraient fixés prioritairement en fonction des besoins de développement culturel des milieux, groupes ou classes jusqu'alors moins favorisés, et dont l?élaboration et l'exécution seraient basés sur 1a participation effective de tous les intéressés.

Les Associations signataires de la Déclaration du 27 mai étant décidées à lutter afin que la France s'engage dans une politique de développement culturel démocratique, elles revendiquent la création des structures nécessaires pour l'élaboration et l'exécution dune telle politique.

4. Ces structures se situent d'une part au niveau du Gouvernement et de l'Administration, d'autre part au niveau de la représentation et de la participation.

En ce qui concerne l'aspect gouvernemental et administratif la Déclaration du 27 mai a ?formulé à l'article 3 la revendication dune "coordination obligatoire des instances administratives chargées de l'éducation populaire et du développement culturel, sous une seule responsabilité. Il Les institutions représentatives et consultatives dont la création est demandée dans le présent document ne pourront fonctionner avec toute l'efficacité souhaitable qu'au moment où cette coordination sera devenue une réalité.

I1 a paru nécessaire, cependant, aux Associations signataires de la Déclaration de donner en priorité des précisions sur l'instance à travers laquelle pourrait s'exercer leur propre participation et celle des autres forces de la vie culturelle, à l'élaboration et à la mise en oeuvre d'une politique démocratique du Développement culturel.

5. L'idée d'un Conseil national du Développement culturel et de l'éducation permanente est ambitieuse. La définition du mot "culturel" qui est retenue dans ce contexte englobe toutes les activités éducatives et culturelles de la nation, des sports à la philosophie, de l'école primaire à la Maison de culture, du livre à la télévision. Cette définition est essentiellement pratique et concrète, conçue en vue dune coordination réelle de politiques jusqu'ici particulières et divergentes. Elle implique cependant que le projet d'un Conseil National du Développement culturel et de l'Education permanente ne concerne pas seulement les associations de jeunesse, d'éducation populaire et de développement culturel signataires de la déclaration du 27 mai, mais un grand nombre d'autres forces et groupes oeuvrant dans ,les secteurs les plus divers, syndicats, associations, institutions, services publics, entreprises, etc...

Les auteurs considèrent donc leur propre proposition comme une simple ébauche, comme une approche première, comme.un document provisoire destiné avant tout à lancer la discussion.

Fortement sensibilisés à 1a nécessité d'une politique démocratique du développement culturel, ils s'adressent à tous les groupements et à toutes les forces intéressées afin que le débat s'engage.[...]

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